Avant-propos

II

AVANT-PROPOS

LE MILIEU

CARNIERES ET SES INDUSTRIES

A - Les origines et la croissance de Carnières

Carnières, dont l'origine remonte loin dans l'Histoire voit son existence attestée pour la première fois par le polyptique de l'abbaye de Lobbes en 868 - 869. Elle est restée longtemps une petite bourgade de minime importance.
En 1409, on n'y compte que 28 foyers, portés à 41 en 1429. Si l'on y trouve 72 ménages en 1507 (dont 24 à Collarmont), le dénombrement de 1540 n'en donne plus que 56 (dont 18 de mendiants). Ces données ne comportent d'ailleurs aucun caractère d'exactitude car il n'existe à cette époque nul relevé régulièrement tenu.
Les premiers registres de l'Etat-Civll remontent au 19 janvier 1678 et accusent 16 naissances dans l'année. En 1750, on trouve 64 «feux». Ce n'est vraiment qu'à partir de la fin du régime français, en 1815, que la commune commence à se développer et à prendre une certaine importance.
En 1830, elle compte 157 maisons, construites en briques et couvertes de paille, avec 1.975 individus. En 1866, on recense 1.020 habitations. En 1896, le relevé donne 1.486 maisons avec 1.529 habitants et en 1946-1947, 2.671 logis groupant 2.995 logements avec 7.939 âmes. La population actuelle est de 9.000 environ.
Au Moyen Age, la misère y fut grande, quand les armées de tous pays venaient à tour de rôle ravager nos contrées, pillant, rançonnant et infligeant des contributions de guerre parfois très lourdes à nos malheureux concitoyens. Au XVIe siècle, les dévastations furent telles que Carnières et les communes avoisinantes adressèrent au Roi de France la supplique ci-après : Ces communes « supplient aide, attendu que en la saison de l'esté XV et LIII (1553), ilz avoient eu leur maison bruslés, leurs biens pilléz et plusieurs d'entre eulx prisonniers des Franchois, ainsi que l'armée de l'Empereur suyvant les dits Franchois, leur avoit fait grand dommaige et leurs biens aux champs gastéz et tellement adommaigés que peu ou riens s'en estoit sceu cueillir, joinct que la maladie contagieuse estoit survenue en pluisieurs des villages et avoit convunu à la plupart des povres gens aller mendier et quérir leur pain meisme que les plus opulens couchoient soubz huttes qu'ilz avoient fait ou fait faire ». A la suite de cette plainte, une remise d'impôts de 48 lb fut consentie à Carnières.
En plus des exactions de la soldatesque, le brigandage sévit dans nos régions et une sorte de garde civile dut même être mise sur pied pour veiller à la sécurité des villageois. Il faut croire cependant qu'elle n'était pas trop respectée puisqu'une ordonnance de police de 1303 prescrivait : « Que nus ne moke les boines gens ki iront waiter et warder le vile par nuit à keval et ke nous ne leur diene face vilenie ne à leur kevaus, sour 10 lb. Et commandons à tous les waiteurs et à nos siergeans sour leur seremens qu'il raportient as prévos et as purés tous cheaux ki seront trouvet u veut, puie eure, huers de leur osteus et nen déportient nul ».

B - Les lndustries de Carnières

De tous temps, la commune de Carnières a été le siège d'industries plus ou moins importantes selon les époques, parmi lesquelles on peut distinguer toute une gamme allant du petit atelier de famille artisanal à l'usine groupant un nombre respectable d'ouvriers.

Du XVe siècle à la révolution française, une confrérie de cloutiers donna un grand essor à l'industrie locale ; mais elle perdit progressivement de son importance lors de la création des clouteries mécaniques de Fontaine-l'Evêque. Cependant, vers 1830, 60 petites forges existaient encore pour la clouterie : elles employaient chacune de 5 à 10 ouvriers.

Le Charbon. Dès le XIVe siècle déjà, on extrayait du charbon dans la région. L'exploitation se faisait alors comme suit : la veine une fois repérée grâce à son affleurement, le travail consistait à suivre son inclinaison et à pénétrer avec elle dans le sol ou de l'exploiter par tranchée ouverte si l'on se trouvait en terrain plat. Par la suite, vers le XVIIe siècle, l'exploitation commença à se faire par puits verticaux et galeries recoupant les veines.
A Carnières, c'est au début du XVIIIe siècle que cette industrie s'implante par la mise en service d'une houillère située à Saint-Eloi puis d'une autre au lieu-dit «Placard» ; la première cessa son activité vers 1913, la seconde vers 1950.
La situation exacte de l'industrie carniéroise peut être précisée pour la première fois en 1830.

Outre les forges et houillères, on y trouve alors :
-une «affinerie» confectionnant du fer en barres et des socs de charrues ;
-une tannerie ;
-trois moulins à blé, dont deux à eau et un à vent ;
-une platinerie (fabrique de platines à pain et à tarte, et de pelles) ;
-un maréchal-ferrant, un coutelier, un vitrier, deux charrons et un bourrelier.

Peu avant la guerre de 1914, on pouvait dénombrer :
- pour le travail du fer : 9 forges-ateliers, 2 fonderies, 2 ferronneries, 1 clouterie-chaînerie, 2 maréchaux-ferrants ;
- pour le travail du bois : 6 menuisiers, 1 charron, 1 scierie, 3 saboteries ;
- pour divers : 2 meuneries et 4 brasseries.

Comme industries plus lourdes actuelles, il faut noter
- un atelier de laminage à froid ;
- l'atelier E. Duvivier ;
- l'atelier Normand d'étamage et galvanisé « Métagalva »
- l'usine Simon et Denis pour la fabrication des articles ménagers du type « Passe-vite ».

L'objet de la présente monographie se rapporte à cette dernière industrie ; elle se propose d'en exposer les origines, les développements et de rapporter ce que fut la vie de son créateur.

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