Feuillets Carnierois Février 1987

QUAND L'OEUF DE COLOMB SE POND A CARNIERES

 

Bernard Chateau

 

Cette année-là, le journal coûtait 20 centimes. Les programmes de TSF proposaient, par Radio Belgique, divers concerts, notamment en relais de grands hôtels de Bruxelles, comme le Métropole, entre deux causeries de Théo Fleischman et d'André Guéry. Cette année là, la taxe sur les récepteurs de radio était de 20 Frs, mais on envisageait sérieusement une sérieuse augmentation. Et un constructeur célèbre affirmait péremptoirement : sans filiste ? oui : sans Philips ? non !

Cette année-là, on interrogeait gravement les belles de l'époque : Etes vous en dessous de votre poids normal ou dépérissez-vous ?.

Cette année-là, les bonnes âmes étaient bien attristées, sous le soleil d'août : le pigeon 947, héros de Verdun en 1916, diplômé de la bague de guerre, venait de mourir. Il était né en 1913 et était le dernier pigeon-soldat encore vivant de la grande guerre.

Cette année-là, on célébrait le 125e anniversaire de la Société des Charbonnages de Mariemont-Bascoup. Mais, cette année-là aussi, fut marquée de nombreux incidents sociaux, et spécialement la longue grève de la Fabrique Nationale d'Armes de Guerre.

Mais, dans le village, cette année-là fut marquée par bien des accidents, plus ou moins graves, qui alimentèrent les conversations et émurent.

Ainsi, fin janvier, un éboulement du balast isole la gare de Carnières et interrompt la circulation ferroviaire. Entre la Chaussée Brunehault et le Pont de la Place Verte, c'est un cratère de 6 mètres de large. de 16 mètres de long et de 10 mètres de profondeur qui se forme, après le passage du train. On ne déplore heureusement aucune victime.

Ainsi, à la mi-février, une tempête d'une force inouïe ravage la région du Centre et spécialement Carnières. Un orage d'une rare violence se déchaîne. plusieurs toits sont gravement endommagés et la foudre tombe sur l'église de Carnières-Centre, détruisant son installation électrique.

Ainsi, vers midi, le premier mars, un garçonnet rentrait de l'école. Il découvre, dans une ruelle proche de la rue de la Vieille Eglise un détonateur. Il le frappe. C'est l'explosion. Le Docteur Couvreur, qui le soigne, constate la perte d'un oeil et de plusieurs doigts.

Ainsi, le 13 mars, deux mineurs meurent asphyxiés dans la mine du Bois des Vallées, à moins 180 mètres.

Ainsi, en juillet, le 3, un incendie se déclare à l'hopital de Carnières. Madame Julie Wasterlain, agée de 82 ans, décède, asphyxiée par les fumées du sinistre.

Ainsi, le 18 août, deux couvreurs, le père et le fils, originaires de La Hestre, tombent du toit des Forges Duvivier, à Collarmont, dont ils assuraient la réfection. Le père est très grièvement blessé. Le fils, qui avait essayé de le retenir dans sa chute, l'est moins sérieusement.

Ainsi, le 11 décembre, la cariole de Madame Louis Bourlard, qui traverse le village au trot, et qui venait de Buvrinne, d'où elle est originaire, se renverse. Le cheval prend mors au dents. On ne doit qu'au courage de Messieurs Evence Duvivier et Jules Fiévet d'avoir évité un accident aux conséquences plus graves.

C'est en cette année-la aussi, que la restauration de la chapelle dédiée à Notre-Dame du Saint-Sang, en face de la rue Saint-Sang, sur le territoire de Morlanwelz mais qui dépend du curé de Carnières-Trieux, est achevée.

C'est en cette année-là encore, qu'on nourrit pour la région du Centre, plus largement, et spécialement pour Houdeng et Le Roeulx, des espoirs importants, pour son développement industriel futur : le 21 septembre, on espère bien avec une quasi certitude trouver du pétrole dans notre sous-sol.

FIN

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